APO1
Le Porteur de lumière
Série Apokalupsis (1 / 2)
 
Le Mal a dérobé la sainte ceinture.
L’Église est sur le pied de guerre pour la retrouver et mobilise sa branche armée : les limiers. En France, cette tâche est dévolue à Maximilien Nowack et son équipe qui opèrent depuis les souterrains secrets de la cathédrale Notre-Dame.
Les sujets du Malin sont en mouvement et s’attaquent tous azimuts aux reliques du Christ. Pourtant, Maximilien le sait : le Diable a toujours un plan et il ne tient qu’aux limiers de le découvrir avant qu’il ne soit trop tard.
Il y a des guerres justes, mais jamais de guerres propres…
Envie d’en découvrir encore plus ?
Extraits
— Je n’ai fait que mon travail. J’étais loin de m’imaginer que j’allais mettre le doigt sur une organisation secrète.
— Vous n’avez mis le doigt sur rien du tout, mademoiselle.
— Faux. J’ai identifié votre James Bond et je suis remontée jusqu’à lui, ici même. Assez rapidement, je dois dire. Pas flatteur pour des mecs censés faire preuve de la plus grande discrétion !
— N’empêche que vous allez faire équipe avec lui. Vous jugerez par vous-même si «James Bond» est compétent ou non.
— Je vous ai préparé un léger souper. Nous vous attendons dans la salle à manger.
Quand Evka fait irruption dans la pièce, Maximilien a déjà pris place. Sur la table trône une marmite d’où s’échappe un doux fumet. Plus elle s’approche et plus les arômes de ce plat du terroir affolent son sens olfactif et lui ouvrent l’appétit.
— Qu’est-ce que c’est ?
— Aligot-saucisse, répond Maximilien.
Le Père Marcel prend l’assiette de l’invitée et la sert copieusement. Evka ne peut s’empêcher une remarque.
— Léger souper ?
— Tu es en Auvergne ! s’amuse Maximilien. Ici, c’est léger.
— Et un jour, patatras ! On fermait les yeux sur le trafic d’un petit revendeur. Pas de la came, rassure-toi, juste des « tombées de camions ». En échange, il nous filait des tuyaux, et des bons. On n’était pas dupes, il balançait tous les concurrents qui menaçaient son business. Ce con a cherché à étendre son territoire sur la commune voisine et il s’est fait serrer par la boutique locale. Pour s’en sortir, il a dit qu’il était protégé. Trois jours après, on a vu deux officiers de l’Inspection Générale débouler à la brigade. J’ai tout tenté pour leur faire comprendre qu’on ne sort pas des affaires en fréquentant les grenouilles de bénitier, mais ils n’ont rien voulu entendre.
— Je suis le démon qui a tenu en échec le célèbre Maximilien Nowack ! Belle carte de visite quand je vais redescendre !
Le diacre secoue la tête.
— Tu ne bénéficieras pas de ce haut fait de guerre.
Il lui glisse l’éprouvette sous la chemise.
— C’est de l’eau du Jourdain que j’ai fait bénir spécialement pour toi. Quand tu vas t’écraser, le verre va pénétrer profondément dans ta chair, tout comme les gouttes sanctifiées qui se mêleront à ton organisme à tout jamais. Tu seras souillé et les portes de l’Enfer resteront closes pour toi. Tu vas errer éternellement dans les limbes et plus jamais tu ne pourras franchir les portes des deux mondes.
Il n’a pas terminé sa dernière phrase qu’il lâche le démon, et le corps bascule dans le vide.
La créature se trouve déjà sur elle. Prise à la gorge, Ethel est soulevée de terre comme un fétu de paille. Son visage n’est qu’à quelques centimètres de la chimère qui lui présente une rangée de crocs, taillés pour déchiqueter toutes les chairs qui lui sont offertes. Soudain, une véritable explosion déchire le silence. L’hybride lâche sa proie et met un genou à terre.
— C’est ça, une stryge.
— Dis-moi que tu n’y es pour rien !
— Je te l’ai déjà dit. Je décide quel vivant entre dans mon équipe, mais pas les morts.
Elle est atterrée.
— Comment peux-tu dire une chose pareille ?
Maximilien hausse les épaules.
— Combien de gendarmes ont péri en mission ? Combien de limiers, de douaniers, de suppôts de Satan ? Tu ne le sais pas ? Moi non plus et je m’en fous.
— La ceinture, lâche-t-il en appuyant ses fesses sur le rebord de la table. Que sais-tu sur elle ?
— Comme les autres. Dérobée à Prato, et le cureton, pfff ! Parti en fumée… ou plutôt en cendres, se corrige-t-elle.
Le geste accompagne la parole et l’artiste sourit ironiquement à cette pensée.
— Ne fais pas l’idiote, Diana. Je sais que ton activité ne se limite pas qu’à danser. Ne crois pas que j’ignore avec qui tu traînes. Chassez le naturel, il revient au galop.
— Je te rappelle que notre pacte tient tant que je ne commets aucun acte subversif. Je n’ai rien fait, donc je n’ai rien à te dire. Va secouer une religieuse, ça te fera le plus grand bien.
— Nous sommes en guerre, mon ami. Une guerre qui ne prendra fin qu’au Jugement dernier. Combien d’innocents as-tu sauvés ? Des centaines, des milliers ? Je te le répète, ce n’est pas ta faute. J’ai commis une erreur en le fouillant et tout part de là. Ce sera dans mon rapport. Il n’y a rien à ajouter.
Le démon avance d’un pas et Maximilien croit bon d’intervenir, à sa manière.
— Si tu dois te lever pour pisser, interdiction de tuer le moindre prêtre que tu croiseras.
Le vieil homme regarde le diacre, stupéfait.
— Je blague, Mon Père ! Mais si j’étais vous, j’instaurerais un couvre-feu ce soir, on ne sait jamais.
Le transfuge pousse un léger grognement et claque la porte derrière lui. Maximilien tapote alors amicalement l’épaule du curé.
— On vous suit, Mon Père. Montrez-nous nos garçonnières…
— Pourrais-je connaître votre spécialité ?
Maximilien répond à la place de son équipier.
— Ange sait faire beaucoup de choses. Et toi, que sais-tu faire à part la catéchèse ?
— Je suis experte en balistique, informatique, lutte au corps-à-corps et combat en milieu urbain ainsi qu’en analyse comportementale, communément appelée profilage. Mais si vous voulez, je peux aussi vous rafraîchir la mémoire en matière de catéchèse, je pense que ça ne peut pas vous faire de mal !
— Une policière s’approche de moi, je vais l’interviewer.
Ethel pose son index sur la broderie « gendarmerie » cousue sur son blouson.
— Vous savez lire ? répond-elle sur un ton mordant. Qu’est-ce qu’il y a d’écrit, là ? Police, peut-être ?!
La journaliste est décontenancée.
— Excusez-moi, mais…
— Y’a pas de mais ! coupe sèchement l’enquêtrice. Vous êtes sur une scène de crime et je n’ai rien à vous dire. Je ne sais pas qui vous a tuyautés, mais vous allez me faire le plaisir de prendre vos cliques et vos claques et de me foutre le camp avant que je ne vous fasse éjecter manu militari.
Le gendarme assène une claque sur la nuque du minot.
— Sans déconner ! Tu crois qu’il suffit de sonner à la porte en mode « Coucou, c’est nous. On vient installer un logiciel-espion dans votre ordinateur. Ne vous dérangez pas, on trouvera bien tout seul ! » ? Tu connais la baraque, toi ?
— Lui non, mais j’en connais un qui sait, affirme Maximilien.
— Dépêche-toi !
Six mètres, quatre mètres… Le limier encourage son subalterne de la main, mais le sol se dérobe sous les pieds du fuyard qui traverse le plancher jusqu’au buste. Les coudes en appui sur les lattes déformées, il met toute son énergie pour s’extirper de ce piège. Dos Santos fait un pas pour prêter main-forte à son homme ; il n’en fera pas deux. Le malheureux est comme aspiré à travers le trou d’où s’échappe son cri de désespoir et de douleur.
Silencieuse, elle regarde la colonne de Juillet qui trône au milieu de la place et particulièrement la statue de bronze en son sommet : le génie de la Liberté, homme ailé tenant un flambeau dans sa main droite et des chaînes brisées dans l’autre.
— On dirait un ange, lance le sous-officier.
— Un ange ? Ça ne ressemble pas du tout à ça, un ange.
Le maître d’hôtel frappe des mains et un garçon les rejoint aussitôt, serviette sur le bras, un sourire transalpin aux lèvres.
Buonasera.
Evka se tourne vers son compagnon.
— Quel parfum veux-tu ?
Le diacre laisse parler sa gourmandise.
— Glace italienne ? Super ! Je veux la plus grosse, la plus parfumée, la plus…
Due gelati gianduja.
Maximilien est déçu.
— Deux sorbets ? Même si ce sont les meilleurs de la ville, ce ne sont que des sorbets !
Le gendarme est projeté au sol par la forme qui vient de se laisser tomber de la mezzanine. Dans un feulement sordide, les griffes fendent l’air à la rencontre de la carotide de son adversaire, mais le geste s’arrête à quelques centimètres de la gorge. Les muscles bandés, l’âme damnée essaie d’atteindre le limier, mais le diacre bloque l’avant-bras avec toute la force de sa poigne. La bave aux lèvres, les crocs bien en évidence, le monstre lutte pour achever sa victime, tétanisée.
— Qu’est-ce que tu attends ? Que j’ai une crampe ?
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APO2
Apokalupsis T2
Le Crépuscule des dieux
Tueuse d’Alpha T1
Vindicta
À PROPOS DE L’AUTEUR
Frédéric GONZALES
Né à Sète le 02 septembre 1967, Frédéric intègre la gendarmerie dès la fin de ses études. L’engagement d’une vie qu’il s’évertue encore aujourd’hui à respecter.
Entre carrière et vie de famille, avec son épouse et ses deux enfants, il profite de son temps libre pour inventer des histoires mêlant enquête et littérature de l’imaginaire.
L’HISTOIRE EN IMAGES
INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES
Une enquête par tome
Collection : Corbeau de jais
Nombre de pages : 420
Prix : 18,90 €
ISBN : 978-2-491909-00-0
Ce que vous trouverez dans ce livre :
  • One shot
  • Urban fantasy
  • Enquête surnaturelle
  • Romance interdite « Lovers to enemies »
  • Personnages borderlines (vive le gris !)
  • Guerre millénaire Anges VS Démons
Le Porteur de lumière
Série Apokalupsis (1 / 2)
 
Le Mal a dérobé la sainte ceinture.
L’Église est sur le pied de guerre pour la retrouver et mobilise sa branche armée : les limiers. En France, cette tâche est dévolue à Maximilien Nowack et son équipe qui opèrent depuis les souterrains secrets de la cathédrale Notre-Dame.
Les sujets du Malin sont en mouvement et s’attaquent tous azimuts aux reliques du Christ. Pourtant, Maximilien le sait : le Diable a toujours un plan et il ne tient qu’aux limiers de le découvrir avant qu’il ne soit trop tard.
Il y a des guerres justes, mais jamais de guerres propres…
Envie d’en découvrir encore plus ?
Extraits
— Je n’ai fait que mon travail. J’étais loin de m’imaginer que j’allais mettre le doigt sur une organisation secrète.
— Vous n’avez mis le doigt sur rien du tout, mademoiselle.
— Faux. J’ai identifié votre James Bond et je suis remontée jusqu’à lui, ici même. Assez rapidement, je dois dire. Pas flatteur pour des mecs censés faire preuve de la plus grande discrétion !
— N’empêche que vous allez faire équipe avec lui. Vous jugerez par vous-même si « James Bond » est compétent ou non.
— Je vous ai préparé un léger souper. Nous vous attendons dans la salle à manger.
Quand Evka fait irruption dans la pièce, Maximilien a déjà pris place. Sur la table trône une marmite d’où s’échappe un doux fumet. Plus elle s’approche et plus les arômes de ce plat du terroir affolent son sens olfactif et lui ouvrent l’appétit.
— Qu’est-ce que c’est ?
— Aligot-saucisse, répond Maximilien.
Le Père Marcel prend l’assiette de l’invitée et la sert copieusement. Evka ne peut s’empêcher une remarque.
— Léger souper ?
— Tu es en Auvergne ! s’amuse Maximilien. Ici, c’est léger.
— Et un jour, patatras ! On fermait les yeux sur le trafic d’un petit revendeur. Pas de la came, rassure-toi, juste des « tombées de camions ». En échange, il nous filait des tuyaux, et des bons. On n’était pas dupes, il balançait tous les concurrents qui menaçaient son business. Ce con a cherché à étendre son territoire sur la commune voisine et il s’est fait serrer par la boutique locale. Pour s’en sortir, il a dit qu’il était protégé. Trois jours après, on a vu deux officiers de l’Inspection Générale débouler à la brigade. J’ai tout tenté pour leur faire comprendre qu’on ne sort pas des affaires en fréquentant les grenouilles de bénitier, mais ils n’ont rien voulu entendre.
— Je suis le démon qui a tenu en échec le célèbre Maximilien Nowack ! Belle carte de visite quand je vais redescendre !
Le diacre secoue la tête.
— Tu ne bénéficieras pas de ce haut fait de guerre.
Il lui glisse l’éprouvette sous la chemise.
— C’est de l’eau du Jourdain que j’ai fait bénir spécialement pour toi. Quand tu vas t’écraser, le verre va pénétrer profondément dans ta chair, tout comme les gouttes sanctifiées qui se mêleront à ton organisme à tout jamais. Tu seras souillé et les portes de l’Enfer resteront closes pour toi. Tu vas errer éternellement dans les limbes et plus jamais tu ne pourras franchir les portes des deux mondes.
Il n’a pas terminé sa dernière phrase qu’il lâche le démon, et le corps bascule dans le vide.
La créature se trouve déjà sur elle. Prise à la gorge, Ethel est soulevée de terre comme un fétu de paille. Son visage n’est qu’à quelques centimètres de la chimère qui lui présente une rangée de crocs, taillés pour déchiqueter toutes les chairs qui lui sont offertes. Soudain, une véritable explosion déchire le silence. L’hybride lâche sa proie et met un genou à terre.
— C’est ça, une stryge.
— Dis-moi que tu n’y es pour rien !
— Je te l’ai déjà dit. Je décide quel vivant entre dans mon équipe, mais pas les morts.
Elle est atterrée.
— Comment peux-tu dire une chose pareille ?
Maximilien hausse les épaules.
— Combien de gendarmes ont péri en mission ? Combien de limiers, de douaniers, de suppôts de Satan ? Tu ne le sais pas ? Moi non plus et je m’en fous.
— La ceinture, lâche-t-il en appuyant ses fesses sur le rebord de la table. Que sais-tu sur elle ?
— Comme les autres. Dérobée à Prato, et le cureton, pfff ! Parti en fumée… ou plutôt en cendres, se corrige-t-elle.
Le geste accompagne la parole et l’artiste sourit ironiquement à cette pensée.
— Ne fais pas l’idiote, Diana. Je sais que ton activité ne se limite pas qu’à danser. Ne crois pas que j’ignore avec qui tu traînes. Chassez le naturel, il revient au galop.
— Je te rappelle que notre pacte tient tant que je ne commets aucun acte subversif. Je n’ai rien fait, donc je n’ai rien à te dire. Va secouer une religieuse, ça te fera le plus grand bien.
— Nous sommes en guerre, mon ami. Une guerre qui ne prendra fin qu’au Jugement dernier. Combien d’innocents as-tu sauvés ? Des centaines, des milliers ? Je te le répète, ce n’est pas ta faute. J’ai commis une erreur en le fouillant et tout part de là. Ce sera dans mon rapport. Il n’y a rien à ajouter.
Le démon avance d’un pas et Maximilien croit bon d’intervenir, à sa manière.
— Si tu dois te lever pour pisser, interdiction de tuer le moindre prêtre que tu croiseras.
Le vieil homme regarde le diacre, stupéfait.
— Je blague, Mon Père ! Mais si j’étais vous, j’instaurerais un couvre-feu ce soir, on ne sait jamais.
Le transfuge pousse un léger grognement et claque la porte derrière lui. Maximilien tapote alors amicalement l’épaule du curé.
— On vous suit, Mon Père. Montrez-nous nos garçonnières…
— Pourrais-je connaître votre spécialité ?
Maximilien répond à la place de son équipier.
— Ange sait faire beaucoup de choses. Et toi, que sais-tu faire à part la catéchèse ?
— Je suis experte en balistique, informatique, lutte au corps-à-corps et combat en milieu urbain ainsi qu’en analyse comportementale, communément appelée profilage. Mais si vous voulez, je peux aussi vous rafraîchir la mémoire en matière de catéchèse, je pense que ça ne peut pas vous faire de mal !
— Une policière s’approche de moi, je vais l’interviewer.
Ethel pose son index sur la broderie « gendarmerie » cousue sur son blouson.
— Vous savez lire ? répond-elle sur un ton mordant. Qu’est-ce qu’il y a d’écrit, là ? Police, peut-être ?!
La journaliste est décontenancée.
— Excusez-moi, mais…
— Y’a pas de mais ! coupe sèchement l’enquêtrice. Vous êtes sur une scène de crime et je n’ai rien à vous dire. Je ne sais pas qui vous a tuyautés, mais vous allez me faire le plaisir de prendre vos cliques et vos claques et de me foutre le camp avant que je ne vous fasse éjecter manu militari.
Le gendarme assène une claque sur la nuque du minot.
— Sans déconner ! Tu crois qu’il suffit de sonner à la porte en mode « Coucou, c’est nous. On vient installer un logiciel-espion dans votre ordinateur. Ne vous dérangez pas, on trouvera bien tout seul ! » ? Tu connais la baraque, toi ?
— Lui non, mais j’en connais un qui sait, affirme Maximilien.
— Dépêche-toi !
Six mètres, quatre mètres… Le limier encourage son subalterne de la main, mais le sol se dérobe sous les pieds du fuyard qui traverse le plancher jusqu’au buste. Les coudes en appui sur les lattes déformées, il met toute son énergie pour s’extirper de ce piège. Dos Santos fait un pas pour prêter main-forte à son homme ; il n’en fera pas deux. Le malheureux est comme aspiré à travers le trou d’où s’échappe son cri de désespoir et de douleur.
Silencieuse, elle regarde la colonne de Juillet qui trône au milieu de la place et particulièrement la statue de bronze en son sommet : le génie de la Liberté, homme ailé tenant un flambeau dans sa main droite et des chaînes brisées dans l’autre.
— On dirait un ange, lance le sous-officier.
— Un ange ? Ça ne ressemble pas du tout à ça, un ange.
Le maître d’hôtel frappe des mains et un garçon les rejoint aussitôt, serviette sur le bras, un sourire transalpin aux lèvres.
Buonasera.
Evka se tourne vers son compagnon.
— Quel parfum veux-tu ?
Le diacre laisse parler sa gourmandise.
— Glace italienne ? Super ! Je veux la plus grosse, la plus parfumée, la plus…
Due gelati gianduja.
Maximilien est déçu.
— Deux sorbets ? Même si ce sont les meilleurs de la ville, ce ne sont que des sorbets !
Le gendarme est projeté au sol par la forme qui vient de se laisser tomber de la mezzanine. Dans un feulement sordide, les griffes fendent l’air à la rencontre de la carotide de son adversaire, mais le geste s’arrête à quelques centimètres de la gorge. Les muscles bandés, l’âme damnée essaie d’atteindre le limier, mais le diacre bloque l’avant-bras avec toute la force de sa poigne. La bave aux lèvres, les crocs bien en évidence, le monstre lutte pour achever sa victime, tétanisée.
— Qu’est-ce que tu attends ? Que j’ai une crampe ?
À PROPOS DE L’AUTEUR
Frédéric GONZALES
Né à Sète le 02 septembre 1967, Frédéric intègre la gendarmerie dès la fin de ses études. L’engagement d’une vie qu’il s’évertue encore aujourd’hui à respecter.
Entre carrière et vie de famille, avec son épouse et ses deux enfants, il profite de son temps libre pour inventer des histoires mêlant enquête et littérature de l’imaginaire.
L’HISTOIRE EN IMAGES
INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES
Une enquête par tome
Collection : Corbeau de jais
Nombre de pages : 420
Prix : 18,90 €
ISBN : 978-2-491909-00-0
Ce que vous trouverez dans ce livre :
  • One shot
  • Urban fantasy
  • Enquête surnaturelle
  • Romance interdite « Lovers to enemies »
  • Personnages borderlines (vive le gris !)
  • Guerre millénaire Anges VS Démons
Vous aimerez également :
APO2
Apokalupsis T2
Le Crépuscule des dieux
Tueuse d’Alpha T1
Vindicta
Le Porteur de lumière
Série Apokalupsis (1 / 2)
 
Le Mal a dérobé la sainte ceinture.
L’Église est sur le pied de guerre pour la retrouver et mobilise sa branche armée : les limiers. En France, cette tâche est dévolue à Maximilien Nowack et son équipe qui opèrent depuis les souterrains secrets de la cathédrale Notre-Dame.
Les sujets du Malin sont en mouvement et s’attaquent tous azimuts aux reliques du Christ. Pourtant, Maximilien le sait : le Diable a toujours un plan et il ne tient qu’aux limiers de le découvrir avant qu’il ne soit trop tard.
Il y a des guerres justes, mais jamais de guerres propres…
À PROPOS DE L’AUTEUR
Frédéric GONZALES
Né à Sète le 02 septembre 1967, Frédéric intègre la gendarmerie dès la fin de ses études. L’engagement d’une vie qu’il s’évertue encore aujourd’hui à respecter.
Entre carrière et vie de famille, avec son épouse et ses deux enfants, il profite de son temps libre pour inventer des histoires mêlant enquête et littérature de l’imaginaire.
L’HISTOIRE EN IMAGES
INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES
Une enquête par tome
Collection : Corbeau de jais
Nombre de pages : 420
Prix : 18,90 €
ISBN : 978-2-491909-00-0
Ce que vous trouverez dans ce livre :
  • One shot
  • Urban fantasy
  • Enquête surnaturelle
  • Romance interdite « Lovers to enemies »
  • Personnages borderlines (vive le gris !)
  • Guerre millénaire Anges VS Démons
Envie d’en découvrir encore plus ?
Extraits
— Je n’ai fait que mon travail. J’étais loin de m’imaginer que j’allais mettre le doigt sur une organisation secrète.
— Vous n’avez mis le doigt sur rien du tout, mademoiselle.
— Faux. J’ai identifié votre James Bond et je suis remontée jusqu’à lui, ici même. Assez rapidement, je dois dire. Pas flatteur pour des mecs censés faire preuve de la plus grande discrétion !
— N’empêche que vous allez faire équipe avec lui. Vous jugerez par vous-même si « James Bond » est compétent ou non.
— Je vous ai préparé un léger souper. Nous vous attendons dans la salle à manger.
Quand Evka fait irruption dans la pièce, Maximilien a déjà pris place. Sur la table trône une marmite d’où s’échappe un doux fumet. Plus elle s’approche et plus les arômes de ce plat du terroir affolent son sens olfactif et lui ouvrent l’appétit.
— Qu’est-ce que c’est ?
— Aligot-saucisse, répond Maximilien.
Le Père Marcel prend l’assiette de l’invitée et la sert copieusement. Evka ne peut s’empêcher une remarque.
— Léger souper ?
— Tu es en Auvergne ! s’amuse Maximilien. Ici, c’est léger.
— Et un jour, patatras ! On fermait les yeux sur le trafic d’un petit revendeur. Pas de la came, rassure-toi, juste des « tombées de camions ». En échange, il nous filait des tuyaux, et des bons. On n’était pas dupes, il balançait tous les concurrents qui menaçaient son business. Ce con a cherché à étendre son territoire sur la commune voisine et il s’est fait serrer par la boutique locale. Pour s’en sortir, il a dit qu’il était protégé. Trois jours après, on a vu deux officiers de l’Inspection Générale débouler à la brigade. J’ai tout tenté pour leur faire comprendre qu’on ne sort pas des affaires en fréquentant les grenouilles de bénitier, mais ils n’ont rien voulu entendre.
— Je suis le démon qui a tenu en échec le célèbre Maximilien Nowack ! Belle carte de visite quand je vais redescendre !
Le diacre secoue la tête.
— Tu ne bénéficieras pas de ce haut fait de guerre.
Il lui glisse l’éprouvette sous la chemise.
— C’est de l’eau du Jourdain que j’ai fait bénir spécialement pour toi. Quand tu vas t’écraser, le verre va pénétrer profondément dans ta chair, tout comme les gouttes sanctifiées qui se mêleront à ton organisme à tout jamais. Tu seras souillé et les portes de l’Enfer resteront closes pour toi. Tu vas errer éternellement dans les limbes et plus jamais tu ne pourras franchir les portes des deux mondes.
Il n’a pas terminé sa dernière phrase qu’il lâche le démon, et le corps bascule dans le vide.
La créature se trouve déjà sur elle. Prise à la gorge, Ethel est soulevée de terre comme un fétu de paille. Son visage n’est qu’à quelques centimètres de la chimère qui lui présente une rangée de crocs, taillés pour déchiqueter toutes les chairs qui lui sont offertes. Soudain, une véritable explosion déchire le silence. L’hybride lâche sa proie et met un genou à terre.
— C’est ça, une stryge.
— Dis-moi que tu n’y es pour rien !
— Je te l’ai déjà dit. Je décide quel vivant entre dans mon équipe, mais pas les morts.
Elle est atterrée.
— Comment peux-tu dire une chose pareille ?
Maximilien hausse les épaules.
— Combien de gendarmes ont péri en mission ? Combien de limiers, de douaniers, de suppôts de Satan ? Tu ne le sais pas ? Moi non plus et je m’en fous.
— La ceinture, lâche-t-il en appuyant ses fesses sur le rebord de la table. Que sais-tu sur elle ?
— Comme les autres. Dérobée à Prato, et le cureton, pfff ! Parti en fumée… ou plutôt en cendres, se corrige-t-elle.
Le geste accompagne la parole et l’artiste sourit ironiquement à cette pensée.
— Ne fais pas l’idiote, Diana. Je sais que ton activité ne se limite pas qu’à danser. Ne crois pas que j’ignore avec qui tu traînes. Chassez le naturel, il revient au galop.
— Je te rappelle que notre pacte tient tant que je ne commets aucun acte subversif. Je n’ai rien fait, donc je n’ai rien à te dire. Va secouer une religieuse, ça te fera le plus grand bien.
— Nous sommes en guerre, mon ami. Une guerre qui ne prendra fin qu’au Jugement dernier. Combien d’innocents as-tu sauvés ? Des centaines, des milliers ? Je te le répète, ce n’est pas ta faute. J’ai commis une erreur en le fouillant et tout part de là. Ce sera dans mon rapport. Il n’y a rien à ajouter.
Le démon avance d’un pas et Maximilien croit bon d’intervenir, à sa manière.
— Si tu dois te lever pour pisser, interdiction de tuer le moindre prêtre que tu croiseras.
Le vieil homme regarde le diacre, stupéfait.
— Je blague, Mon Père ! Mais si j’étais vous, j’instaurerais un couvre-feu ce soir, on ne sait jamais.
Le transfuge pousse un léger grognement et claque la porte derrière lui. Maximilien tapote alors amicalement l’épaule du curé.
— On vous suit, Mon Père. Montrez-nous nos garçonnières…
— Pourrais-je connaître votre spécialité ?
Maximilien répond à la place de son équipier.
— Ange sait faire beaucoup de choses. Et toi, que sais-tu faire à part la catéchèse ?
— Je suis experte en balistique, informatique, lutte au corps-à-corps et combat en milieu urbain ainsi qu’en analyse comportementale, communément appelée profilage. Mais si vous voulez, je peux aussi vous rafraîchir la mémoire en matière de catéchèse, je pense que ça ne peut pas vous faire de mal !
— Une policière s’approche de moi, je vais l’interviewer.
Ethel pose son index sur la broderie « gendarmerie » cousue sur son blouson.
— Vous savez lire ? répond-elle sur un ton mordant. Qu’est-ce qu’il y a d’écrit, là ? Police, peut-être ?!
La journaliste est décontenancée.
— Excusez-moi, mais…
— Y’a pas de mais ! coupe sèchement l’enquêtrice. Vous êtes sur une scène de crime et je n’ai rien à vous dire. Je ne sais pas qui vous a tuyautés, mais vous allez me faire le plaisir de prendre vos cliques et vos claques et de me foutre le camp avant que je ne vous fasse éjecter manu militari.
Le gendarme assène une claque sur la nuque du minot.
— Sans déconner ! Tu crois qu’il suffit de sonner à la porte en mode « Coucou, c’est nous. On vient installer un logiciel-espion dans votre ordinateur. Ne vous dérangez pas, on trouvera bien tout seul ! » ? Tu connais la baraque, toi ?
— Lui non, mais j’en connais un qui sait, affirme Maximilien.
— Dépêche-toi !
Six mètres, quatre mètres… Le limier encourage son subalterne de la main, mais le sol se dérobe sous les pieds du fuyard qui traverse le plancher jusqu’au buste. Les coudes en appui sur les lattes déformées, il met toute son énergie pour s’extirper de ce piège. Dos Santos fait un pas pour prêter main-forte à son homme ; il n’en fera pas deux. Le malheureux est comme aspiré à travers le trou d’où s’échappe son cri de désespoir et de douleur.
Silencieuse, elle regarde la colonne de Juillet qui trône au milieu de la place et particulièrement la statue de bronze en son sommet : le génie de la Liberté, homme ailé tenant un flambeau dans sa main droite et des chaînes brisées dans l’autre.
— On dirait un ange, lance le sous-officier.
— Un ange ? Ça ne ressemble pas du tout à ça, un ange.
Le maître d’hôtel frappe des mains et un garçon les rejoint aussitôt, serviette sur le bras, un sourire transalpin aux lèvres.
Buonasera.
Evka se tourne vers son compagnon.
— Quel parfum veux-tu ?
Le diacre laisse parler sa gourmandise.
— Glace italienne ? Super ! Je veux la plus grosse, la plus parfumée, la plus…
Due gelati gianduja.
Maximilien est déçu.
— Deux sorbets ? Même si ce sont les meilleurs de la ville, ce ne sont que des sorbets !
Le gendarme est projeté au sol par la forme qui vient de se laisser tomber de la mezzanine. Dans un feulement sordide, les griffes fendent l’air à la rencontre de la carotide de son adversaire, mais le geste s’arrête à quelques centimètres de la gorge. Les muscles bandés, l’âme damnée essaie d’atteindre le limier, mais le diacre bloque l’avant-bras avec toute la force de sa poigne. La bave aux lèvres, les crocs bien en évidence, le monstre lutte pour achever sa victime, tétanisée.
— Qu’est-ce que tu attends ? Que j’ai une crampe ?
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