LDE1
L’Éveil
Série Les Larmes des Elfes (1 / 5)
 
Jadis, nos peuples furent secoués par une terrible guerre qui n’épargna personne.
Aujourd’hui, les tambours de guerre résonnent à nouveau dans les entrailles de la Terre.
Je les entends.
Je les ressens.
Alors je vous en conjure, Shandálar. Écoutez mon histoire et levez-vous avant qu’il ne soit trop tard…
Envie d’en découvrir encore plus ?
Extraits
Devant ses yeux, le Tartaro s’acharnait sur l’animal malgré les déferlantes magiques qui l’assaillaient de toutes parts. Les jumeaux se précipitèrent à son secours, tentant vainement de le retenir et de le blesser. Le lion n’était pas en reste et se débattait sous le pied de son ennemi, ses griffes glissant sur la peau sans parvenir à l’entamer. Malheureusement et à mon grand désarroi, l’Orkanoïde acheva la bête, écrasant sa tête de son talon dans un son qui me rappela une pastèque jetée de haut venant éclater sur le sol.
Prisonnière des effets de l’alcool et des vapeurs hallucinogènes des saules, je peinais à suivre la route, guidée par une Eli dans un guère meilleur état. En chemin, un majestueux cerf blanc se présenta pour me narrer quelques contes et je devisai un moment avec lui avant de me souvenir que les cerfs ne parlaient pas et de réaliser que mon ami n’était en réalité qu’un buisson à la forme particulière…
Non, les arbres n’ondulaient pas comme des voiles. Non, l’eau des ruisseaux n’exécutait pas un ballet aérien comme si la gravité ne faisait plus loi. À moins, bien entendu, qu’ils ne soient soumis à la magie de quelques Elfes farceurs. La certitude, en revanche, c’était que je ne pouvais plus me fier à mes yeux.
Ce dernier sursauta lorsqu’il réalisa qu’il persistait à frapper une porte ouverte.
De-De-Dehev’Liaelen, Dame Nìniel ! bégaya-t-il. Je vous présente mes excuses les plus sincères, XarNìniel, mais votre père vous fait expressément mander dans son bureau. Cela semblait urgent.
— Hmm… Certes, Solän. Pour autant, cela justifiait-il de réveiller tout le bastion comme si une harde d’Orks franchissaient notre mur ?
— Non, Ma Dame. Mais, vous ne répondiez pas alors je me suis vu obligé d’insister.
— Eh bien voilà, je suis levée. Tu as accompli ta mission et tout le palais est désormais informé de ma convocation.
Je sentis plus que je ne vis mon ennemie se placer au-dessus de moi, ses mains putrides cherchant à écarter mes bras pour mieux me lacérer de ses doigts tranchants. Dans l’urgence, mon poing rencontra sa mâchoire et un geyser de sang cascada sur mon corps et emplit ma bouche.
— Non…
Un gémissement étouffé franchit mes lèvres tremblantes, alors que des larmes coulaient malgré moi le long de mes joues figées par le froid.
— Créateur, aidez-nous… suppliai-je.
— Mais, il va bien, au moins ? Ne me dîtes pas qu’il court un danger mortel ! s’écria-t-elle en collant presque son visage contre la surface de sa tablette.
— Il se porte comme un œuf en gelée, levai-je les yeux au ciel. Toutefois, Eli, je doute que l’instant soit opportun pour parler de la santé de ton fiancé…
Et ? As-tu quand même pu découvrir de qui il s’agissait ? m’impatientai-je.
J’ai fait mine de devoir poster un courrier au plus vite et j’ai déboulé à mon tour dans la volière. Notre Elfe s’est aussitôt fondu dans le décor sans savoir que je l’avais déjà aperçu.
Et ? répétai-je.
— Je lui ai tout simplement parlé !
Je me figeai en entendant la voix d’Eli à travers la planche de communication. Le message était limpide : cessez de m’interrompre à tout bout de champ ou débrouillez-vous sans moi !
— Puisque nous en sommes aux confidences, lui glissai-je à l’oreille en me penchant vers lui, je ne souhaiterais pas me trouver à la place d’un ennemi des Astraëa. Nos esprits sont rusés et clairvoyants et nos lames, affûtées. Surtout sous les jupes des femelles de notre famille. Les jeux de pouvoir ne sont pas seulement menés au travers des débats et des prouesses de notre armée, mais aussi par des arts bien plus sombres et subtils. Plus d’un conspirateur a vu ses jours raccourcis des suites d’un assaisonné breuvage à l’origine inconnue, vous vous en doutez bien. Voyez-vous, si ma maison est réputée pour défendre ses positions, elle l’est tout autant pour avoir su déceler une multitude de complots qui auraient pu réduire à néant le peuple elfique. Cela nous vaut de nombreux appuis et soutiens.
Certaines sirènes, intriguées, s’approchèrent, incapables de résister à leur curiosité. Gloussant à la vue de ces Elfes passionnés, elles entreprirent de joindre leurs chants génésiques à ceux des musiciens, tournoyant en arc de cercle autour de notre groupe.
Celui à mes pieds était particulièrement laid. Sa peau parcheminée, cartonneuse et fripée par endroits avait pris une teinte noirâtre des plus disgracieuses et il y avait gravé d’étranges runes de sorcellerie encore sanguinolentes dont je ne connaissais ni l’origine ni la signification. Ses terribles yeux rouges étaient vitreux, fauchés par la Mort. Ses dents pointues, plus que tout autre élément du décor, évoquaient la pourriture, me soutirant une moue de dégoût. Une longue et crasseuse barbe venait recouvrir un menton charcuté, sa blancheur laissant envisager qu’une tribu d’araignées désordonnées y avait élu domicile. Comble du mauvais goût, le Gobelin avait coiffé ses cheveux en une parodie tressée, y mêlant de vieilles et puantes lanières de cuir parsemées d’ossements divers et variés.
— Je vais faire mine de ne point avoir perçu l’ignominie de votre accusation, finis-je par lâcher d’une voix profonde et froide. Mettons cette dernière sur le compte de la fatigue découlant de votre voyage jusqu’à notre noble bastion. Toutefois, Shandálari, je vous conseille de ne jamais renouveler cette expérience. Votre image ainsi que vos noms en demeureraient ternis à jamais. J’y veillerais personnellement.
Je m’inclinai, puis tournai les talons. Je n’avais pas fait trois pas que je m’arrêtai.
— Et priez pour que votre réputation soit l’unique chose entachée si, d’aventure, vous vous permettiez encore un affront de cet acabit, ajoutai-je si bas qu’eux seuls purent percevoir ma menace.
— Suffit ! s’égosilla-t-il.
— Mais que faites-vous, imbécile ? m’emportai-je à mon tour, tentant de le contourner.
— Je vous retourne la question !
Je m’arrêtai brusquement pour les observer et compris soudain avec horreur qu’ils formaient en réalité un tandem.
— Par le Créateur… Vous êtes ensemble ?
— Peut-être, si vous vous étiez présentée comme une personne civilisée, l’auriez- vous su avant d’agresser Kaargnag, ironisa mon interlocuteur.
— Kaargnag ? Comme c’est touchant. Vous avez même donné un nom à cette chose ! crachai-je, le nez plissé de dégoût.
— Maintenant que les meubles ont cessé de grincer, peut-être vais-je pouvoir donner mon avis ? poursuivit-elle avec ironie, calmant chacun d’un simple regard, glacial. Bien. Elraneor, ta fille, si obtuse soit-elle, a raison. Tu ne peux lui demander de rester cachée ici.
— Cachée de quoi ? l’interrompis-je maladroitement.
— Silence, insolente ! Tu ne saisis donc pas l’impact de tes découvertes sur le monde politique ?
Lùrian nous fit de nouveau tournoyer, un sourire satisfait illuminant son visage naturellement rieur. Le solo de flûte qui résonnait à nos oreilles s’intensifia, alors que le musicien interprétait un morceau nommé Asta Liessa, l’Art de la Nature. Crochetant son petit doigt du mien, je décidai de me taire et l’entraînai dans une chorégraphie plus rapide et dynamique.
— Je vous souhaite d’éblouir votre auditoire avec votre discours, m’encouragea-t-elle soudain, m’arrachant un frisson.
— Le discours ! m’écriai-je.
— À votre regard, je devine sans mal que ce détail vous a échappé…
— C’est peu de le dire.
Déterminée à ne pas laisser la panique me gagner, je pris le parti de dédramatiser la situation. Forçant mes lèvres à s’étirer en un sourire, j’inspirai un grand coup et arborai une expression que j’espérais détachée.
— Eh bien, voilà qu’il ne me reste plus qu’à improviser ! ris-je.
Je rugis, sauvage, tandis que les pauvres soldats tentaient tant bien que mal de me rejoindre pour me maîtriser. Je ne voulais pas leur faire de mal. Aussi usai-je de la seule influence que je détenais encore sur la puissance du souffle produit, ne faisant que les tenir à distance.
En souffrance, mon corps se cambrait, témoin de la violence qui balayait en moi toute parcelle de raison. Secouée dans tous les sens, à toutes les échelles, je laissai simplement le flux d’énergie s’écouler librement, ne pouvant qu’attendre qu’il se tarisse.
Vous aimerez également :
Le Royaume d’Alguirnaram T1
L’Envers
À PROPOS DE L’AUTEURE
Rowena WINTER
Dès le plus jeune âge, Rowena se passionne pour la fantasy sous toutes ses formes. À l’école, elle rédige régulièrement de petits textes, poèmes ou fanfictions qu’elle soumet à ses professeurs. Grande rêveuse, il lui suffit de monter dans une voiture et de mettre ses écouteurs pour partir dans de fantastiques épopées littéraires.
À 18 ans, elle découvre le milieu de la reconstitution historique, plus précisément celle de la vaste période médiévale. Elle commence à incarner différents personnages et se mets à essayer de mieux les connaître. Qui sont-ils ? De quel monde viennent-ils ? À quoi aspirent-ils ? Cette recherche la mène jusqu’à l’Elfe Nìniel dont elle entreprend de conter les aventures par écrit. Ainsi naît sa première série, Les Larmes des Elfes.
L’HISTOIRE EN IMAGES
INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES
Un univers riches et un bestiaire fourni à la Seigneur des Anneaux
Collection : Corbeau d’albâtre
Nombre de pages : 412
Prix : 18,90 €
ISBN : 978-2-491909-08-6
Ce que vous trouverez dans ce livre :
  • Fantasy épique
  • Friends to lovers
  • Complots et Royauté
  • Elfes
  • Rêve prophétique
  • Écologie
L’Éveil
Série Les Larmes des Elfes (1 / 5)
 
Jadis, nos peuples furent secoués par une terrible guerre qui n’épargna personne.
Aujourd’hui, les tambours de guerre résonnent à nouveau dans les entrailles de la Terre.
Je les entends.
Je les ressens.
Alors je vous en conjure, Shandálar. Écoutez mon histoire et levez-vous avant qu’il ne soit trop tard…
Envie d’en découvrir encore plus ?
Extraits
Devant ses yeux, le Tartaro s’acharnait sur l’animal malgré les déferlantes magiques qui l’assaillaient de toutes parts. Les jumeaux se précipitèrent à son secours, tentant vainement de le retenir et de le blesser. Le lion n’était pas en reste et se débattait sous le pied de son ennemi, ses griffes glissant sur la peau sans parvenir à l’entamer. Malheureusement et à mon grand désarroi, l’Orkanoïde acheva la bête, écrasant sa tête de son talon dans un son qui me rappela une pastèque jetée de haut venant éclater sur le sol.
Prisonnière des effets de l’alcool et des vapeurs hallucinogènes des saules, je peinais à suivre la route, guidée par une Eli dans un guère meilleur état. En chemin, un majestueux cerf blanc se présenta pour me narrer quelques contes et je devisai un moment avec lui avant de me souvenir que les cerfs ne parlaient pas et de réaliser que mon ami n’était en réalité qu’un buisson à la forme particulière...
Non, les arbres n’ondulaient pas comme des voiles. Non, l’eau des ruisseaux n’exécutait pas un ballet aérien comme si la gravité ne faisait plus loi. À moins, bien entendu, qu’ils ne soient soumis à la magie de quelques Elfes farceurs. La certitude, en revanche, c’était que je ne pouvais plus me fier à mes yeux.
Ce dernier sursauta lorsqu’il réalisa qu’il persistait à frapper une porte ouverte.
De-De-Dehev’Liaelen, Dame Nìniel ! bégaya-t-il. Je vous présente mes excuses les plus sincères, XarNìniel, mais votre père vous fait expressément mander dans son bureau. Cela semblait urgent.
— Hmm... Certes, Solän. Pour autant, cela justifiait-il de réveiller tout le bastion comme si une harde d’Orks franchissaient notre mur ?
— Non, Ma Dame. Mais, vous ne répondiez pas alors je me suis vu obligé d’insister.
— Eh bien voilà, je suis levée. Tu as accompli ta mission et tout le palais est désormais informé de ma convocation.
Je sentis plus que je ne vis mon ennemie se placer au-dessus de moi, ses mains putrides cherchant à écarter mes bras pour mieux me lacérer de ses doigts tranchants. Dans l’urgence, mon poing rencontra sa mâchoire et un geyser de sang cascada sur mon corps et emplit ma bouche.
— Non...
Un gémissement étouffé franchit mes lèvres tremblantes, alors que des larmes coulaient malgré moi le long de mes joues figées par le froid.
— Créateur, aidez-nous... suppliai-je.
— Mais, il va bien, au moins ? Ne me dîtes pas qu’il court un danger mortel ! s’écria-t-elle en collant presque son visage contre la surface de sa tablette.
— Il se porte comme un œuf en gelée, levai-je les yeux au ciel. Toutefois, Eli, je doute que l’instant soit opportun pour parler de la santé de ton fiancé...
Et ? As-tu quand même pu découvrir de qui il s’agissait ? m’impatientai-je.
J’ai fait mine de devoir poster un courrier au plus vite et j’ai déboulé à mon tour dans la volière. Notre Elfe s’est aussitôt fondu dans le décor sans savoir que je l’avais déjà aperçu.
Et ? répétai-je.
— Je lui ai tout simplement parlé !
Je me figeai en entendant la voix d’Eli à travers la planche de communication. Le message était limpide : cessez de m’interrompre à tout bout de champ ou débrouillez-vous sans moi !
— Puisque nous en sommes aux confidences, lui glissai-je à l’oreille en me penchant vers lui, je ne souhaiterais pas me trouver à la place d’un ennemi des Astraëa. Nos esprits sont rusés et clairvoyants et nos lames, affûtées. Surtout sous les jupes des femelles de notre famille. Les jeux de pouvoir ne sont pas seulement menés au travers des débats et des prouesses de notre armée, mais aussi par des arts bien plus sombres et subtils. Plus d’un conspirateur a vu ses jours raccourcis des suites d’un assaisonné breuvage à l’origine inconnue, vous vous en doutez bien. Voyez-vous, si ma maison est réputée pour défendre ses positions, elle l’est tout autant pour avoir su déceler une multitude de complots qui auraient pu réduire à néant le peuple elfique. Cela nous vaut de nombreux appuis et soutiens.
Certaines sirènes, intriguées, s’approchèrent, incapables de résister à leur curiosité. Gloussant à la vue de ces Elfes passionnés, elles entreprirent de joindre leurs chants génésiques à ceux des musiciens, tournoyant en arc de cercle autour de notre groupe.
Celui à mes pieds était particulièrement laid. Sa peau parcheminée, cartonneuse et fripée par endroits avait pris une teinte noirâtre des plus disgracieuses et il y avait gravé d’étranges runes de sorcellerie encore sanguinolentes dont je ne connaissais ni l’origine ni la signification. Ses terribles yeux rouges étaient vitreux, fauchés par la Mort. Ses dents pointues, plus que tout autre élément du décor, évoquaient la pourriture, me soutirant une moue de dégoût. Une longue et crasseuse barbe venait recouvrir un menton charcuté, sa blancheur laissant envisager qu’une tribu d’araignées désordonnées y avait élu domicile. Comble du mauvais goût, le Gobelin avait coiffé ses cheveux en une parodie tressée, y mêlant de vieilles et puantes lanières de cuir parsemées d’ossements divers et variés.
— Je vais faire mine de ne point avoir perçu l’ignominie de votre accusation, finis-je par lâcher d’une voix profonde et froide. Mettons cette dernière sur le compte de la fatigue découlant de votre voyage jusqu’à notre noble bastion. Toutefois, Shandálari, je vous conseille de ne jamais renouveler cette expérience. Votre image ainsi que vos noms en demeureraient ternis à jamais. J’y veillerais personnellement.
Je m’inclinai, puis tournai les talons. Je n’avais pas fait trois pas que je m’arrêtai.
— Et priez pour que votre réputation soit l’unique chose entachée si, d’aventure, vous vous permettiez encore un affront de cet acabit, ajoutai-je si bas qu’eux seuls purent percevoir ma menace.
— Suffit ! s’égosilla-t-il.
— Mais que faites-vous, imbécile ? m’emportai-je à mon tour, tentant de le contourner.
— Je vous retourne la question !
Je m’arrêtai brusquement pour les observer et compris soudain avec horreur qu’ils formaient en réalité un tandem.
— Par le Créateur... Vous êtes ensemble ?
— Peut-être, si vous vous étiez présentée comme une personne civilisée, l’auriez- vous su avant d’agresser Kaargnag, ironisa mon interlocuteur.
— Kaargnag ? Comme c’est touchant. Vous avez même donné un nom à cette chose ! crachai-je, le nez plissé de dégoût.
— Maintenant que les meubles ont cessé de grincer, peut-être vais-je pouvoir donner mon avis ? poursuivit-elle avec ironie, calmant chacun d’un simple regard, glacial. Bien. Elraneor, ta fille, si obtuse soit-elle, a raison. Tu ne peux lui demander de rester cachée ici.
— Cachée de quoi ? l’interrompis-je maladroitement.
— Silence, insolente ! Tu ne saisis donc pas l’impact de tes découvertes sur le monde politique ?
Lùrian nous fit de nouveau tournoyer, un sourire satisfait illuminant son visage naturellement rieur. Le solo de flûte qui résonnait à nos oreilles s’intensifia, alors que le musicien interprétait un morceau nommé Asta Liessa, l’Art de la Nature. Crochetant son petit doigt du mien, je décidai de me taire et l’entraînai dans une chorégraphie plus rapide et dynamique.
— Je vous souhaite d’éblouir votre auditoire avec votre discours, m’encouragea-t-elle soudain, m’arrachant un frisson.
— Le discours ! m’écriai-je.
— À votre regard, je devine sans mal que ce détail vous a échappé...
— C’est peu de le dire.
Déterminée à ne pas laisser la panique me gagner, je pris le parti de dédramatiser la situation. Forçant mes lèvres à s’étirer en un sourire, j’inspirai un grand coup et arborai une expression que j’espérais détachée.
— Eh bien, voilà qu’il ne me reste plus qu’à improviser ! ris-je.
Je rugis, sauvage, tandis que les pauvres soldats tentaient tant bien que mal de me rejoindre pour me maîtriser. Je ne voulais pas leur faire de mal. Aussi usai-je de la seule influence que je détenais encore sur la puissance du souffle produit, ne faisant que les tenir à distance.
En souffrance, mon corps se cambrait, témoin de la violence qui balayait en moi toute parcelle de raison. Secouée dans tous les sens, à toutes les échelles, je laissai simplement le flux d’énergie s’écouler librement, ne pouvant qu’attendre qu’il se tarisse.
À PROPOS DE L’AUTEURE
Rowena WINTER
Dès le plus jeune âge, Rowena se passionne pour la fantasy sous toutes ses formes. À l’école, elle rédige régulièrement de petits textes, poèmes ou fanfictions qu’elle soumet à ses professeurs. Grande rêveuse, il lui suffit de monter dans une voiture et de mettre ses écouteurs pour partir dans de fantastiques épopées littéraires.
À 18 ans, elle découvre le milieu de la reconstitution historique, plus précisément celle de la vaste période médiévale. Elle commence à incarner différents personnages et se mets à essayer de mieux les connaître. Qui sont-ils ? De quel monde viennent-ils ? À quoi aspirent-ils ? Cette recherche la mène jusqu’à l’Elfe Nìniel dont elle entreprend de conter les aventures par écrit. Ainsi naît sa première série, Les Larmes des Elfes.
L’HISTOIRE EN IMAGES
INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES
Un univers riches et un bestiaire fourni à la Seigneur des Anneaux
Collection : Corbeau d’albâtre
Nombre de pages : 412
Prix : 18,90 €
ISBN : 978-2-491909-08-6
Ce que vous trouverez dans ce livre :
  • Fantasy épique
  • Friends to lovers
  • Complots et Royauté
  • Elfes
  • Rêve prophétique
  • Écologie
Vous aimerez également :
Le Royaume d’Alguirnaram T1
L’Éveil
L’Éveil
Série Les Larmes des Elfes (1 / 5)
 
Jadis, nos peuples furent secoués par une terrible guerre qui n’épargna personne.
Aujourd’hui, les tambours de guerre résonnent à nouveau dans les entrailles de la Terre.
Je les entends.
Je les ressens.
Alors je vous en conjure, Shandálar. Écoutez mon histoire et levez-vous avant qu’il ne soit trop tard…
À PROPOS DE L’AUTEURE
Rowena WINTER
Dès le plus jeune âge, Rowena se passionne pour la fantasy sous toutes ses formes. À l’école, elle rédige régulièrement de petits textes, poèmes ou fanfictions qu’elle soumet à ses professeurs. Grande rêveuse, il lui suffit de monter dans une voiture et de mettre ses écouteurs pour partir dans de fantastiques épopées littéraires.
À 18 ans, elle découvre le milieu de la reconstitution historique, plus précisément celle de la vaste période médiévale. Elle commence à incarner différents personnages et se mets à essayer de mieux les connaître. Qui sont-ils ? De quel monde viennent-ils ? À quoi aspirent-ils ? Cette recherche la mène jusqu’à l’Elfe Nìniel dont elle entreprend de conter les aventures par écrit. Ainsi naît sa première série, Les Larmes des Elfes.
L’HISTOIRE EN IMAGES
INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES
Un univers riches et un bestiaire fourni à la Seigneur des Anneaux
Collection : Corbeau d’albâtre
Nombre de pages : 412
Prix : 18,90 €
ISBN : 978-2-491909-08-6
Ce que vous trouverez dans ce livre :
  • Fantasy épique
  • Friends to lovers
  • Complots et Royauté
  • Elfes
  • Rêve prophétique
  • Écologie
Envie d’en découvrir encore plus ?
Extraits
Devant ses yeux, le Tartaro s’acharnait sur l’animal malgré les déferlantes magiques qui l’assaillaient de toutes parts. Les jumeaux se précipitèrent à son secours, tentant vainement de le retenir et de le blesser. Le lion n’était pas en reste et se débattait sous le pied de son ennemi, ses griffes glissant sur la peau sans parvenir à l’entamer. Malheureusement et à mon grand désarroi, l’Orkanoïde acheva la bête, écrasant sa tête de son talon dans un son qui me rappela une pastèque jetée de haut venant éclater sur le sol.
Prisonnière des effets de l’alcool et des vapeurs hallucinogènes des saules, je peinais à suivre la route, guidée par une Eli dans un guère meilleur état. En chemin, un majestueux cerf blanc se présenta pour me narrer quelques contes et je devisai un moment avec lui avant de me souvenir que les cerfs ne parlaient pas et de réaliser que mon ami n’était en réalité qu’un buisson à la forme particulière...
Non, les arbres n’ondulaient pas comme des voiles. Non, l’eau des ruisseaux n’exécutait pas un ballet aérien comme si la gravité ne faisait plus loi. À moins, bien entendu, qu’ils ne soient soumis à la magie de quelques Elfes farceurs. La certitude, en revanche, c’était que je ne pouvais plus me fier à mes yeux.
Ce dernier sursauta lorsqu’il réalisa qu’il persistait à frapper une porte ouverte.
De-De-Dehev’Liaelen, Dame Nìniel ! bégaya-t-il. Je vous présente mes excuses les plus sincères, XarNìniel, mais votre père vous fait expressément mander dans son bureau. Cela semblait urgent.
— Hmm... Certes, Solän. Pour autant, cela justifiait-il de réveiller tout le bastion comme si une harde d’Orks franchissaient notre mur ?
— Non, Ma Dame. Mais, vous ne répondiez pas alors je me suis vu obligé d’insister.
— Eh bien voilà, je suis levée. Tu as accompli ta mission et tout le palais est désormais informé de ma convocation.
Je sentis plus que je ne vis mon ennemie se placer au-dessus de moi, ses mains putrides cherchant à écarter mes bras pour mieux me lacérer de ses doigts tranchants. Dans l’urgence, mon poing rencontra sa mâchoire et un geyser de sang cascada sur mon corps et emplit ma bouche.
— Non...
Un gémissement étouffé franchit mes lèvres tremblantes, alors que des larmes coulaient malgré moi le long de mes joues figées par le froid.
— Créateur, aidez-nous... suppliai-je.
— Mais, il va bien, au moins ? Ne me dîtes pas qu’il court un danger mortel ! s’écria-t-elle en collant presque son visage contre la surface de sa tablette.
— Il se porte comme un œuf en gelée, levai-je les yeux au ciel. Toutefois, Eli, je doute que l’instant soit opportun pour parler de la santé de ton fiancé...
Et ? As-tu quand même pu découvrir de qui il s’agissait ? m’impatientai-je.
J’ai fait mine de devoir poster un courrier au plus vite et j’ai déboulé à mon tour dans la volière. Notre Elfe s’est aussitôt fondu dans le décor sans savoir que je l’avais déjà aperçu.
Et ? répétai-je.
— Je lui ai tout simplement parlé !
Je me figeai en entendant la voix d’Eli à travers la planche de communication. Le message était limpide : cessez de m’interrompre à tout bout de champ ou débrouillez-vous sans moi !
— Puisque nous en sommes aux confidences, lui glissai-je à l’oreille en me penchant vers lui, je ne souhaiterais pas me trouver à la place d’un ennemi des Astraëa. Nos esprits sont rusés et clairvoyants et nos lames, affûtées. Surtout sous les jupes des femelles de notre famille. Les jeux de pouvoir ne sont pas seulement menés au travers des débats et des prouesses de notre armée, mais aussi par des arts bien plus sombres et subtils. Plus d’un conspirateur a vu ses jours raccourcis des suites d’un assaisonné breuvage à l’origine inconnue, vous vous en doutez bien. Voyez-vous, si ma maison est réputée pour défendre ses positions, elle l’est tout autant pour avoir su déceler une multitude de complots qui auraient pu réduire à néant le peuple elfique. Cela nous vaut de nombreux appuis et soutiens.
Certaines sirènes, intriguées, s’approchèrent, incapables de résister à leur curiosité. Gloussant à la vue de ces Elfes passionnés, elles entreprirent de joindre leurs chants génésiques à ceux des musiciens, tournoyant en arc de cercle autour de notre groupe.
Celui à mes pieds était particulièrement laid. Sa peau parcheminée, cartonneuse et fripée par endroits avait pris une teinte noirâtre des plus disgracieuses et il y avait gravé d’étranges runes de sorcellerie encore sanguinolentes dont je ne connaissais ni l’origine ni la signification. Ses terribles yeux rouges étaient vitreux, fauchés par la Mort. Ses dents pointues, plus que tout autre élément du décor, évoquaient la pourriture, me soutirant une moue de dégoût. Une longue et crasseuse barbe venait recouvrir un menton charcuté, sa blancheur laissant envisager qu’une tribu d’araignées désordonnées y avait élu domicile. Comble du mauvais goût, le Gobelin avait coiffé ses cheveux en une parodie tressée, y mêlant de vieilles et puantes lanières de cuir parsemées d’ossements divers et variés.
— Je vais faire mine de ne point avoir perçu l’ignominie de votre accusation, finis-je par lâcher d’une voix profonde et froide. Mettons cette dernière sur le compte de la fatigue découlant de votre voyage jusqu’à notre noble bastion. Toutefois, Shandálari, je vous conseille de ne jamais renouveler cette expérience. Votre image ainsi que vos noms en demeureraient ternis à jamais. J’y veillerais personnellement.
Je m’inclinai, puis tournai les talons. Je n’avais pas fait trois pas que je m’arrêtai.
— Et priez pour que votre réputation soit l’unique chose entachée si, d’aventure, vous vous permettiez encore un affront de cet acabit, ajoutai-je si bas qu’eux seuls purent percevoir ma menace.
— Suffit ! s’égosilla-t-il.
— Mais que faites-vous, imbécile ? m’emportai-je à mon tour, tentant de le contourner.
— Je vous retourne la question !
Je m’arrêtai brusquement pour les observer et compris soudain avec horreur qu’ils formaient en réalité un tandem.
— Par le Créateur... Vous êtes ensemble ?
— Peut-être, si vous vous étiez présentée comme une personne civilisée, l’auriez- vous su avant d’agresser Kaargnag, ironisa mon interlocuteur.
— Kaargnag ? Comme c’est touchant. Vous avez même donné un nom à cette chose ! crachai-je, le nez plissé de dégoût.
— Maintenant que les meubles ont cessé de grincer, peut-être vais-je pouvoir donner mon avis ? poursuivit-elle avec ironie, calmant chacun d’un simple regard, glacial. Bien. Elraneor, ta fille, si obtuse soit-elle, a raison. Tu ne peux lui demander de rester cachée ici.
— Cachée de quoi ? l’interrompis-je maladroitement.
— Silence, insolente ! Tu ne saisis donc pas l’impact de tes découvertes sur le monde politique ?
Lùrian nous fit de nouveau tournoyer, un sourire satisfait illuminant son visage naturellement rieur. Le solo de flûte qui résonnait à nos oreilles s’intensifia, alors que le musicien interprétait un morceau nommé Asta Liessa, l’Art de la Nature. Crochetant son petit doigt du mien, je décidai de me taire et l’entraînai dans une chorégraphie plus rapide et dynamique.
— Je vous souhaite d’éblouir votre auditoire avec votre discours, m’encouragea-t-elle soudain, m’arrachant un frisson.
— Le discours ! m’écriai-je.
— À votre regard, je devine sans mal que ce détail vous a échappé...
— C’est peu de le dire.
Déterminée à ne pas laisser la panique me gagner, je pris le parti de dédramatiser la situation. Forçant mes lèvres à s’étirer en un sourire, j’inspirai un grand coup et arborai une expression que j’espérais détachée.
— Eh bien, voilà qu’il ne me reste plus qu’à improviser ! ris-je.
Je rugis, sauvage, tandis que les pauvres soldats tentaient tant bien que mal de me rejoindre pour me maîtriser. Je ne voulais pas leur faire de mal. Aussi usai-je de la seule influence que je détenais encore sur la puissance du souffle produit, ne faisant que les tenir à distance.
En souffrance, mon corps se cambrait, témoin de la violence qui balayait en moi toute parcelle de raison. Secouée dans tous les sens, à toutes les échelles, je laissai simplement le flux d’énergie s’écouler librement, ne pouvant qu’attendre qu’il se tarisse.
Vous aimerez également :
Le Royaume d’Alguirnaram T1
L’Envers